Jeudi 17 janvier 2008
...car on pourrait bien entendre que tu ne sais pas t’exprimer.
Attention partie chiante, mais instructive
Dans une collectivité territoriale, les élus sont les seuls investis du pouvoir décisionnel : ils doivent - en théorie et en général, car il y a toujours des exceptions, légales et heu, d'autres plus approximatives... - valider les décisions prises par les services qui se fondent sur une ligne de conduite décidée et votée par lesdits élus.
La version honnête et à mon humble avis –non partagé, bizarrement – nettement moins sexy du Don…

Pour reprendre l’expression de Carole dans ses penseesderonde.mabulle.com, s'il en est qui, parmi vous, ignorent le sens réel du terme « euphémisme », je pense à ce titre en avoir trouvé un bon.*
Et là, je me suis maudite
Une fois par an.
Ce sont des électeurs quand même!
Je n’ai pas été déçue par les discours et j’ose donc dire sans exagérer que la forme a été aussi minable que le fond.
Personnellement, j’ai résisté un bon quart d’heure à l’envie de pouffer en écoutant ce patchwork de citations qui n’avaient en commun que le fait de n’avoir strictement rien à voir avec ce qu’il disait entre.
Grand Chef Sioux n'est donc pas le seul à croire en des idées totalement erronnées...
Le Don a repris le flambeau et j’ai compris que son discours allait être dans la lignée de celui de Grand Chef Sioux lorsqu’il a débuté par ces mots qui résonnent encore dans ma tête étourdie par tant de profondeur : « l’année 2008 est particulière car elle est bissextile. »
Attention partie chiante, mais instructive
Dans une collectivité territoriale, les élus sont les seuls investis du pouvoir décisionnel : ils doivent - en théorie et en général, car il y a toujours des exceptions, légales et heu, d'autres plus approximatives... - valider les décisions prises par les services qui se fondent sur une ligne de conduite décidée et votée par lesdits élus.
Dans les communes, le chef des élus est le maire, dans les départements, le président du Conseil général et dans les régions, le président du Conseil régional. Par
souci de simplification, nous appelons l’über-élu de ma collectivité Le Parrain.
Don Vito Corleone, voilà.
La version honnête et à mon humble avis –non partagé, bizarrement – nettement moins sexy du Don…
Sauf que lui n’a pas besoin de marier sa fille en Sicile pour accorder des faveurs à toute la clique de médiocres courtisans qui lui lèchent les bottes à s’en déshydrater à
longueur de journée. Toute l’année, c’est népotisme et petits services non stop.
Tous les ans, lors de la cérémonie des vœux, avant de pouvoir accéder au buffet dont le coût en nourriture et en serveurs représente facilement le PIB du Gabon, il nous faut
subir l’intolérable.
Le discours du Grand Chef Sioux de la collectivité et celui du Don.
Les discours du Don sont rédigés par les éminents cerveaux du Cabinet ce qui explique qu’aucune des déclarations du Parrain ne soit jamais restée dans
les annales.

Pour reprendre l’expression de Carole dans ses penseesderonde.mabulle.com, s'il en est qui, parmi vous, ignorent le sens réel du terme « euphémisme », je pense à ce titre en avoir trouvé un bon.*
Alors que je râlais, comme à l’accoutumée, à la perspective de subir ¾ d’heure de discours avant de pouvoir piller le buffet des desserts, Monique m’informe que cette année,
certains élus ont fait appel à un cabinet de consultants pour les coacher afin qu’ils puissent s’exprimer de manière naturelle.
Un cabinet de consultants, rien que ça…
Mazette ! Peut être aurions-nous droit à un vrai discours cette fois !
- "Et pas n’importe qui", croit-elle utile d'ajouter. "Ce cabinet a
été sollicité par Nagui, et Carole Rousseau pour la préparation de leurs émissions !"
Et là, je me suis maudite
Maudite de ne pas avoir pris mon caméscope pour immortaliser ce qui allait sans aucun doute être le plus poilant de tous les discours du Don.
J’ai arrêté net de râler et me suis ruée, bloc-notes et crayon à la main, dans le hall où l’aréopage d’élus attendait patiemment l’entrée sur scène du Parrain qui serrait
toutes les mains qu'il pouvait, parce que le Don, il est vachement proche de ses services.
Une fois par an.
Ce sont des électeurs quand même!
Je n’ai pas été déçue par les discours et j’ose donc dire sans exagérer que la forme a été aussi minable que le fond.
Grand Chef Sioux s’est avancé cramoisi, le nez collé à ses feuilles avec l’air confiant et dégagé d'un élève de CE1 chargé de présenter un exposé sur
le système solaire alors qu’il n’a toujours pas capté qui tourne autour de quoi.
Il s’est éclairci la voix et a commencé à ânonner, butant à chaque phrase, ce qu’il convient d’appeler un copié-collé du site de citations Evène. Alors
qu’il débitait d’un ton monocorde des informations de premier ordre nous concernant directement (« le 9 mars est une date importante car c’est la première étape du Paris-Nice » :
et alors ?!), le Don, engoncé dans un costume de créateur et coincé dans son autosuffisance comme des marrons dans le cul d’une dinde - comparaison de saison, merci Desproges - balayait du
regard l’assemblée de ses serfs.
Personnellement, j’ai résisté un bon quart d’heure à l’envie de pouffer en écoutant ce patchwork de citations qui n’avaient en commun que le fait de n’avoir strictement rien à voir avec ce qu’il disait entre.
Je n’ai craqué qu’au moment où il nous a expliqué doctement que « l’eau chaude ne doit pas oublier
qu’elle a été froide ».
Certes.
Je suis même restée étonnement zen lorsqu’il a conclu son discours par un vibrant « Je crois que nous sommes exemplaires ».
Je vous entends ricaner.
On ne se gausse pas.
Les philosophes grecs croyaient que la terre était plate.
Grand Chef Sioux n'est donc pas le seul à croire en des idées totalement erronnées...
Le Don a repris le flambeau et j’ai compris que son discours allait être dans la lignée de celui de Grand Chef Sioux lorsqu’il a débuté par ces mots qui résonnent encore dans ma tête étourdie par tant de profondeur : « l’année 2008 est particulière car elle est bissextile. »
C’est beauté.
* Et pour illustrer ce qu'est un oxymore, vous avez "éminents cerveaux du Cabinet". Deux mots totalement contraires dans une même
expression.
par Eloge de la Pipeautique ou l'univers d'une desperate fonctionnaire
publié dans :
Les Tribulations d'une bureautière au bureau
ajouter un commentaire commentaires (9) recommander
ajouter un commentaire commentaires (9) recommander












Malgré votre nouvelle stratégie de
dénégation – « le grand O est encore loin, très loin, très très loin, il ne va JAMAIS arriver »-, les six semaines finissent par passer.




